À Malte, 89 % de la population parle anglais, alors qu’en Albanie, ce taux chute à moins de 40 %. L’Europe affiche des écarts notables dans la maîtrise de cette langue, malgré des politiques éducatives souvent convergentes.Certaines nations, bien qu’intégrées à l’Union européenne, restent à la traîne selon l’indice EF EPI. Les facteurs historiques, économiques et sociolinguistiques expliquent ces différences persistantes, révélées par les dernières statistiques officielles.
Panorama de la maîtrise de l’anglais en Europe : où en sommes-nous vraiment ?
Les programmes scolaires tendent à s’aligner, les référentiels se multiplient, mais l’Europe linguistique reste tout sauf uniforme. Le nord, véritable locomotive, affiche des scores remarquables : Pays-Bas, Suède, Danemark, Norvège tiennent la barre très haut. Plus au sud, la dynamique se fait moins vive ; l’écart grandit et la carte du continent parle d’elle-même.
| Pays | Niveau de maîtrise (EF EPI) |
|---|---|
| Pays-Bas | Très élevé |
| Suède | Très élevé |
| France | Moyen |
| Italie | Faible |
| Espagne | Faible |
| Albanie | Très faible |
Ces chiffres servent de boussole aux décideurs politiques, mais dissimulent une réalité plus nuancée : le niveau global européen masque une fracture entre pays nordiques et Méditerranée. D’un côté, on jongle avec l’anglais sans complexe ; de l’autre, la langue demeure souvent cloîtrée entre les murs de l’école, l’oral restant le parent pauvre.
Au-delà des salles de classe, le modèle scandinave brille par sa capacité à intégrer l’anglais dans la vie quotidienne dès le plus jeune âge. À l’inverse, dans nombre de pays du sud, l’accent reste mis sur la théorie. La maîtrise de l’anglais se révèle ainsi révélatrice du rapport que chaque pays entretient avec la mondialisation, la mobilité et sa propre identité.
Pourquoi certains pays européens parlent-ils moins anglais que d’autres ?
Ce ne sont pas les frontières qui expliquent les différences, mais une conjugaison de facteurs historiques et culturels. Tout commence à l’école : au nord, les enfants apprennent l’anglais tôt, souvent avec des enseignants ayant vécu à l’étranger. Au sud, la pédagogie reste longtemps figée sur l’écrit, limitant la pratique réelle.
Une langue nationale qui rayonne à l’international, comme le français ou l’espagnol, peut parfois réduire la pression pour apprendre l’anglais. Le rapport aux médias influe également : là où le doublage reste la norme (France, Italie, Espagne), l’anglais authentique se fait rare, alors qu’en Scandinavie, les sous-titres viennent favoriser un bain linguistique quotidien.
Trois paramètres clés pèsent lourd dans la balance linguistique européenne :
- L’héritage culturel et la fierté identitaire : chaque pays aborde l’apprentissage des langues étrangères avec ses propres priorités.
- L’ouverture économique et la mobilité : plus un pays multiplie les échanges, plus la pratique de l’anglais progresse concrètement.
- Le poids de la langue maternelle à l’échelle mondiale : les pays dont la langue est déjà très diffusée ressentent moins l’urgence de se tourner vers une autre.
L’anglais n’a pas la même place dans tous les cursus universitaires ou professionnels. Ce fossé résulte d’un cocktail de méthodes pédagogiques, d’habitudes médiatiques et de parcours historiques, chaque pays développant son propre rapport à la langue internationale.
Zoom sur le pays européen où l’anglais est le moins parlé : chiffres et analyses
En Europe occidentale, la France fait figure d’exception. Selon les derniers indices de référence, elle campe dans le bas du classement. Un score moyen de 540 sur les tests standardisés, classé « faible », alors que les Pays-Bas dépassent la barre des 660 points. Un fossé bien réel.
À peine 39 % des adultes peuvent se targuer de posséder un niveau B2 ou plus : c’est seulement à ce seuil que l’anglais s’impose comme un atout tangible à l’université ou dans le monde du travail. Dans certaines régions françaises, notamment au sud et à l’ouest, l’anglais s’invite encore moins dans la vie quotidienne.
Voici pourquoi la France se heurte à ce plafond linguistique :
- Peu d’anglais dans le quotidien : en dehors des métropoles, la langue reste absente de la vie sociale ou médiatique.
- Un enseignement figé sur l’écrit : l’oral demeure secondaire et l’interaction, minimale.
- La culture du doublage : les écrans privilégient la version française, laissant peu d’espace à la langue originale.
Conséquence directe : sur la scène européenne, la France cède du terrain à l’Italie, l’Espagne ou la Pologne. Un retard qui interroge et pose la question d’un rapprochement possible avec les standards européens en matière de langues vivantes.
Quels enjeux pour les citoyens et les professionnels face à la faible maîtrise de l’anglais ?
Le manque de pratique de l’anglais ne se limite pas à un mauvais score dans une étude comparative. Il ferme des horizons. Étudiants, salariés, entrepreneurs : tous voient s’éloigner les portes des universités à l’étranger, des conférences majeures, des collaborations internationales où l’anglais s’impose comme lingua franca.
Dans le monde professionnel, ne pas maîtriser l’anglais n’est pas un simple détail : c’est souvent un frein décisif. Les postes à visée internationale attendent des profils capables de communiquer, négocier, rédiger dans cette langue avec assurance. Entre deux candidats équivalents, la capacité à travailler en anglais devient un avantage évident.
Trois obstacles majeurs jalonnent la route :
- Des perspectives de mobilité fortement limitées
- Un recours massif à des formations en anglais pour tenter de rattraper les années perdues
- Un frein commercial pour de nombreuses PME en quête de développement à l’étranger
Ce frein ne se cantonne pas au monde du travail. Dans la société, l’accès à l’information internationale, aux médias, aux ressources pédagogiques ou numériques reste conditionné par le niveau d’anglais. Un déficit qui isole, voire marginalise, à l’échelle européenne.
La génération montante s’y confronte déjà : malgré les diplômes, beaucoup de jeunes voient leur mobilité ou leurs ambitions compromises, aussi bien en France qu’à l’étranger. Lorsque la maîtrise de l’anglais conditionne le droit de circuler, d’échanger, de saisir une opportunité hors de France, il n’est plus question d’option, mais de clé pour entrer dans la mêlée européenne, ou rester sur le banc de touche.


